A long time ago, we used to be friends

Mes billets se font épisodiques mais c'est cela ne veut pas dire que rien ne se passe pour autant.

Depuis ma dernière note, le proprio de ma future maison (et de la voiture qui va avec) a eu une urgence médicale qui aurait empêché son épouse enceinte de partir pour son année sabbatique au Mexique. Gros coup de stress pour ma colloc Maria qui apprend la nouvelle deux heures avant de prendre l'avion pour rentrer en Espagne. Un peu verts de voir passer la maison de nos rêves sous notre nez on s'est mis en recherche d'un nouveau logis.

Entre temps j'ai commencé à sympathiser avec les voisines d'à côté. Tout d'abord des petits bouts de conversation, puis des cacahuètes lancées sur mon balcon. Cela a dégénéré en bataille rangée (1 contre 3) et une course aux armements s'est ensuivie avec l'apparition de bombes à eau. L'une d'entre elles avait même constitué un véritable arsenal qu'elle avait stocké dans un carton dont je me suis emparé. Pas de doute, l'été est déjà là !

Depuis, je vais chez elles cuisiner de temps à autres (crêpes, tartiflette, gazpacho...), enrichir ma pop culture US (le visionnage du Wizard of Oz m'a éclairé sur pas mal d'expressions populaires qui m'étaient jusque là restées obscures) et parfois je suis même invité pour une journée de voile sur le lac Saint-Clair (le plus petit des Grands Lacs).

La semaine dernière, la roue arrière de mon vélo s'est retrouvée en mauvais état suite à une collision avec un gros 4x4 conduit par une idiote munie d'un téléphone. Percuté de plein fouet, je suis parvenu à rester sur le vélo et m'en suis tiré avec une grosse plaie et gros bleu au tibia mais rien de grave. Depuis, mon vélo est en réparation et je roule avec la vespa que l'une de mes voisines m'a gracieusement prêtée pour l'été. Noire avec du chrome partout et un look bien rétro, c'est la frime totale quand je sors en ville !

Enfin, lundi, un lundi très différent des autres lundis. Un jour de bol pas croyable. En me levant le matin, je reçois un email me prévenant qu'un chèque qui m'avait été envoyé par l'université n'avait jamais été encaissé. Et pour cause ; je ne l'ai jamais reçu ! Un petit saut en vespa au bâtiment de l'admin pour empocher le chèque et on m'informe que mon compte universitaire excédentaire. Tiens donc !? Oui, apparemment vous avez reçu une bourse / récompense mais votre département a du oublier de vous le signaler...
Je ne vais pas m'en plaindre, d'autant que je n'empocherai mon salaire italien qu'une fois la mission accomplie. Sur le chemin de la banque où je vais empocher mes chèques le sourire jusqu'aux oreilles, je croise mon proprio qui me dit dans son accent so british que tout est arrangé et que lui et son épouse s'en iront vendredi au Mexique pour une année et que je peux emménager dès samedi. Le temps d'exécuter quelques pas et sautillements de joie, j'appelle Maria qui jubile à l'autre bout du fil.

En résumé, pas trop à plaindre ces dernières semaines. Promis je mettrai une touche de Cosette à faire pleurer dans les chaumières dans ma prochaine note histoire de ne pas trop écoeurer par excès de bonne humeur et de crème pâtissière. Le voyage en Italie promet d'être intéressant et je risque d'avoir besoin d'un exutoire...

Je suis vivant !

Suite à quelques e-mails inquiets, je tenais à préciser que j'étais toujours en vie et que j'allais très bien et que non je ne me suis pas égaré sur une route de Virginie Occidentale.

Pour résumer ces dernières semaines:

  • je bosse. beaucoup.
  • je participe aux derniers préparatifs pour l'Italie.
  • j'ai annulé l'abonnement du cable donc plus de télé du tout (pas même les chaînes basiques) et je partage désormais internet avec mes voisines.
  • quand je ne bosse pas, je lis à la terrasse d'un café, sur mon balcon ou dans un parc.
  • je passe beaucoup de temps avec mes amis.
  • j'ai trouvé une super barraque pour vivre avec amies españoles l'an prochain (photos dispos very soon!).
  • j'ai un projet de livre en collaboration avec un ami.
  • j'ai fini toutes mes corrections.
  • mes étudiants sont géniaux ce semestre. certains sont devenus des amis.
  • j'ai un prémice de début de sujet de thèse (avec pas mal d'avance donc plutôt pas mal)

Une tonne de 'je', de 'j'ai' et de 'mes' mais comme c'est pour donner des nouvelles c'est excusable. Voilà. Encore désolé de ne pas mettre ce blog à jour aussi souvent que je le voudrais, mais en ce moment pas trop le temps !

Punk is not dead!

Je tiens à préciser que ce soir là je n'avais bu qu'une seule bière... :-p

Salut à toi - Bérurier Noir

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Who the #$&% Is Jackson Pollock?

Ce week-end se déroulait le festival de cinéma qui anime chaque année notre campus. Pas mal de films en compétition ; des courts-métrages, des documentaires, des films d'étudiants, etc. M'y prenant à la dernière minute pour acheter mon pass, je quitte mes amis le temps de m'en procurer un. Quand l'hôtesse me demande quels films je compte aller voir, me rappelant des quelques titres qu'avait évoqués une copine au téléphone, je déclare, candide, à haute et intelligible voix : "Who the fuck is Jackson Pollock?".

Rire des hôtesses et du reste de la file. "I love this guy!". Je demande étonné si mon accent est la raison de leur hilarité mais elles me répondent que non en me montrant l'affiche où des caractères incongrus remplacent le "f-word" que je viens de lacher en public. "Vous êtes le premier à le dire correctement. Pour l'instant tout le monde a parlé de "Who the heck, who the F, who the hell..." mais personne n'a osé dire "who the fuck" avec autant d'assurance."

C'est vrai que le mot "fuck" est à la fois omniprésent qu'il parait presque inoffensif à mes oreilles d'étranger - alors qu'il ne l'est pas du tout, je vous en déconseille fortement l'usage en société ! Mais comme je ne suis pas d'ici, ça passe à chaque fois et ça me vaut des sourires amusés.

Quoi qu'il en soit, le documentaire "Who the #$&% Is Jackson Pollock?" était excellent et drôlissime. Le documentaire racconte l'histoire d'une camioneuse qui achète pour $5 un tableau dans un dépôt-vente. Le titre est tiré de sa réaction lorsqu'une amie lui a dit que la "croute hideuse" qu'elle avait achetée pour elle pourrait très bien être un authentique Pollock. S'ensuit une bataille de plus de 10 ans contre l'establishment du monde de l'art pour faire reconnaître son tableau comme autentique.

Comme le dit si bien Terry, la mamie-camioneuse ; “Everyone knows a fairy tale starts out, ‘Once upon a time.’ A fairy tale for a truck driver begins, ‘You ain’t gonna believe this shit!’”

Seule contre le reste du monde de l'art, notre camioneuse tient bon et ne se démonte pas. Elle a beau ne rien y connaître, elle est persuadée que sa "croute" est un Pollock. Sa langue fleurie contraste délicieusement avec celle de l'ex-directeur du MOMA, dont le mépris - filmé au grand angle - est aussi caricatural et comique que ses grands gestes et ses grimaces.

Derrière la comédie sociale assez drôle, on découvre également quelques dessous du marché de l'art et les lois parfois irrationnelles qui sous-tendent ce marché et influence les opinions des experts de renommée mondiale. Alors sautez sur l'opportunité s'il passe dans votre ville[1]!

Wishful Thinking - The Ditty Bops

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Update: Je ne me formalise pas trop pour les coquilles d'habitudes mais il y en avait tout de même pas mal dans cette note... :-p

Notes

[1] Van, je pense qu'il doit être en salle à Chicago. Pour la France, je crois qu'il faudra attendre un peu mais on devrait le trouver dans les Utopia et autres salles indépendantes.

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